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La France, l'autre pays du Japon
La conférence culturelle dans son intégralité






La conférence, proposée lors du salon GAME in Paris le 6 novembre, et animée par le Clan Takeda, a réuni autour de quatre grands thèmes (manga et animation, société, cuisine, et perception de l’engouement français au sujet de la culture japonaise par les japonais eux-mêmes), les personnalités de premier plan suivantes :



> Cédric LITTARDI, président de KAZE, premier label français d’animation japonaise, figure également parmi les membres fondateurs du magazine « Animeland »
> Fabien TILLON, chroniqueur pour la télévision et critique de bande dessinée, auteur d’un ouvrage sur les origines historiques et culturelles du manga intitulé « culture manga »
> M. Le Ministre YAMADA Fumihiko, Directeur du service culturel de l’Ambassade du Japon en France
> Lionel PANAFIT, chercheur au Japon, directeur pédagogique de l’institut de management et d’arts appliqués EURASIAM
> Pierre de SAINT PHALLE, auteur de manga et formateur à EURASIAM
> HANANO Keiko, représentant le traiteur japonais AYAME










Clan TAKEDA : Manga et animation sont très populaires en France, et ce depuis très longtemps. Notre pays est le second consommateur de manga sur le marché international, après le Japon naturellement. Quelles sont les origines de cet engouement ?

Fabien TILLON : En tant que journaliste, je me pose souvent la question de savoir si la France est effectivement le second pays consommateur de manga au monde. Le marché américain ne serait-il pas aussi important en terme de chiffre d’affaire ? Quant aux marchés asiatiques, notamment chinois et coréens, ils sont d’énormes consommateurs de manga.

Cédric LITTARDI : C’est bien le cas, la France est le plus gros consommateur après le Japon en volume. Cependant, notez que Taïwan et la Corée sont totalement sous l’influence culturelle du Japon. Là-bas, « bande dessinée » signifie manga. Certes, on peut trouver dans ces pays quelques comics*, mais il n’y a pas grand-chose.
De plus, les méthodes de consommations orientales et occidentales ne sont pas comparables : les coréens vont surtout sur le net – ce qui pose de gros problèmes ; tandis que les européens n’ont pas le même rapport aux manga.
Pour illustrer ce dernier propos, il faut savoir que les Allemands et les Américains sont de gros consommateurs mais le public est jeune, le « phénomène manga » étant très récent. En France et en Italie, le public date de la fin des années 70 : la Génération « Goldorak » rassemble des gens aujourd’hui plus âgés que la moyenne mondiale des mangaka, ce qui produit une belle et grande diversité de sujets de manga.

Fabien TILLON : N’oublions pas que pendant très longtemps, les français ont méprisé le manga. Et même si le phénomène Goldorak a permis de mieux faire accepter ce genre, voire de le réhabiliter dans l’esprit des français, il reste pour l’élitisme national, une « bizarrerie » japonaise, à prendre avec distance. Face à l’élitisme typiquement français, la culture manga est victime de notre racisme culturel.

Pierre de SAINT PHALLE : En effet, dans les années 80, ces élites ont transformé en martyr le manga et l’animation japonaise. Et les français passionnés par cette culture se sont sentis trahis par un establishment rejetant le manga.
Aujourd’hui, ces mêmes amoureux de la culture manga ont grandi. Frustrés par les stigmatisations incessantes de leurs pairs, ils ont néanmoins conservé leur passion pour ces produits venus d’Orient. Une dizaine d’années plus tard, ils sont devenus des leaders d’opinion. Finalement, contre un mouvement médiatique, un mouvement d’opinion, qui voulait que le manga soit inintéressant, des passionnés se sont lancés dans l’aventure des conventions et nous offrent actuellement un tremplin à la culture nippone, ici, en France.

Clan TAKEDA : Cette culture du manga n’occulte-t-elle pas l’intérêt pour des aspects plus traditionnels, plus élitistes de la culture japonaise ?

Lionel PANAFIT : Cette question fait référence à un problème interne à la société japonaise. En effet, l’image que nous avons de la culture traditionnelle japonaise est une image construite, a posteriori, par l’establishment de Meiji – afin d’offrir un imaginaire de ce qu’avait pu être la période Edo. Cette image est donc fictive ! Ne nous leurrons pas, les japonais ne sont pas plus ou moins intéressés que nous ne le sommes par leur culture ; ils ne sont pas foule à attendre un Kabuki ou à se précipiter quand une démonstration d’Ikebana est annoncée. Globalement, l’art traditionnel japonais est un art construit, la première image exportée et exportable du Japon et qui n’est pas au japon même une image très répandue.

Fabien TILLON : Je souhaiterais revenir sur les origines du manga. Le manga vient en partie de l’art des estampes. D’ailleurs, le terme manga – qui signifie « images malhabiles » ou « images rapides » – a été inventé par le célèbre peintre Hokusai, qualifiant sous ce vocables les esquisses qu’ils croquait dans la rue.
Revenons à l’image que les japonais ont véhiculé de leur propre culture auprès des européens : les Japonais ont toujours eu un rapport « bouddhiste » à leur culture populaire c’est-à-dire une relation de consommation puis d’oubli.
Et justement, les estampes étaient utilisées selon les saisons, puis jetées quand elles n’étaient plus d’actualité. Les japonais les considéraient en fait comme une sorte de publicité, bonne à vendre des marques d’onguents ou des boutons de culottes. Quand l’estampe est arrivée en France, quand Monet, Renoir ou Van Gogh les ont découvertes, ils ont crié au génie, admirant cette nouvelle manière de représenter le monde. De l’autre côté du globe, les intéressés ont été très étonnés de cette admiration sans limite pour ces supports publicitaires ! Ils ont été fascinés par cet engouement pour leurs estampes. De même, par conséquent, quand le manga s’est étendu en Occident. Les japonais n’ont pas vraiment saisis ce qui nous passionnait dans ces albums « jetables ».

Clan TAKEDA : nous reparlerons de cet engouement de la France vis-à-vis de la culture japonaise et de sa perception par les japonais. Nous recevons maintenant Monsieur Cyril GRILLON, directeur du salon Game In Paris. M. Grillon, le secteur évènementiel est un vecteur essentiel de cette vague manga et de son engouement français, n’est-ce pas ?

Cyril GRILLON : Nous sommes en effet bien placés pour en parler aujourd’hui, la conférence étant hébergée sur un salon, entre autres, consacré au manga [Game In Paris, NDLR]. Plusieurs phénomènes intéressants concernant l’évènementiel se distinguent : quelque soit l’évènement – du tout petit salon amateur, à l’énorme convention réunissant des dizaines de milliers de personnes –, celui-ci draine des populations de plus en plus nombreuses et surtout, de plus en plus hétérogènes. En effet, on retrouve en général deux populations, celle des « geeks », terme péjoratif, des fans : la fameuse « génération Goldorak », rassemblant les plus de 25 ans, sensibilisée à l’imagerie manga et qui, malgré la réticence de la société française des années 80-90, continue à regarder les animés. Et leurs enfants, les 5-10 ans, qui accompagnent ou entraînent leurs parents. On retrouve alors ces deux populations côte à côte sur tous les types d’évènements.
Avec cette nouvelle donne, la programmation des salons varie en conséquence. Les organisateurs proposent désormais des conférences au contenu orienté vers la tradition culturelle asiatique et des animations, des spectacles pour les plus jeunes : c’est la nouvelle facette de l’évènementiel.

Fabien TILLON : Tout de même, cette différence d’âge est frappante. A Angoulême [Festival de la Bande Dessinée, NDLR], le public de la BD franco-belge est essentiellement adulte. Au contraire, le public des évènements manga comme GAME est beaucoup plus jeune. Y aurait-il un fossé générationnel ?

Cyril GRILLON : J’ai eu l’occasion d’aller à Angoulême quand j’étais plus jeune. A l’époque, les inconditionnels du festival refusaient de considérer le manga comme de la BD. Le blocage à l’encontre du genre nippon était important. Depuis, tout a évolué, du fait de l’engouement grandissant pour le manga. Et les gros éditeurs papiers ont enfin décidé de lui ouvrir leurs portes. Car le manga représente quand même un marché colossal, réalisant beaucoup de bénéfices… Angoulême ne pouvait pas ignorer le phénomène.

Pierre de SAINT-PHALLE : Ironie du sort, on continue à publier de la BD franco-belge grâce aux bénéfices du manga !

Fabien TILLON : Par ailleurs, à Angoulême, les fans déplorent un festival partagé entre une culture de la BD traditionnelle et en marge, comme une excroissance incontrôlable, la nouveauté manga. C’est pourquoi on l’appelle la « Bulle Manga », dont les abords séparent définitivement deux populations et font donc perdurer une frontière entre ces deux univers.

Cyril GRILLON : ...et à l’époque, le problème était identique pour les fanzines. Le manga se caractérise par sa transversalité, c'est-à-dire que derrière le support papier, vecteur culturel et commercial le plus classique, existent des mastodontes du marketing. La spécificité du manga est donc de lancer des machineries monumentales comme Yugi-Oh, Naruto ou Dragon Ball, dont on retrouve ensuite les avatars dans les jeux vidéo, la télévision, etc. L’invasion de la bande dessinée est partout.

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : Au Japon, le manga a lui aussi évolué. Il y a 40 ans, lire des manga était très mal perçu, presque subversif. Moi-même, je me cachais pour lire AstroBoy (Astro Le Petit Robot, NDLR) !
« Man » signifie « drôle, pas très sérieux » : le manga était donc contraire à l’éthique, à l’ordre établi par la société des adultes. Il reflétait pour les grands la révolte des adolescents contre le monde des adultes. Mais petit à petit, des dessinateurs produisent des mangas très sérieux, crédibilisant le genre. Ainsi, fut baptisé le nouveau manga « Gekiga » : à la différence des manga destinés aux enfants, le Gekiga s’adresse aux adultes, traitant de thèmes sociaux, de la famille, des difficultés du quotidien…

Fabien TILLON : … « Tsuge », par exemple…

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : C’est ainsi que le manga et le Gekiga ont été acceptés chez les adultes.

Philippe de SAINT-PHALLE : Le manga est le vecteur fantastique d’histoires très profondes, émouvantes, psychologiques. Il est une porte ouverte à toutes les polémiques et tous les problèmes.

Lionel PANAFIT : Pour compléter Monsieur le Ministre, j’ajouterais que le type de consommation du manga n’est pas le même en France ou au Japon : nous nous sommes réappropriés une culture du manga. Celui-ci n’est donc pas seulement un livre mais bien une pratique à analyser.
Par ailleurs, nous avons vu que plusieurs générations du manga existent. Cette hétérogénéité vient de l’arrivée du manga en France par la télévision, mais aussi à travers la politique étrangère. En effet, avant le Maoïsme et ce depuis le XVe siècle, la France s’intéressaient à l’Asie dans une certaine confusion, et autant à la Chine qu’au Japon, sans véritable distinction entre les deux. Lorsque le public a découvert les crimes du Maoïsme dans les années 70, il a reporté son intérêt pour l’Asie au Japon, découvrant les arts martiaux et pratiquant le bouddhisme au Japon. Il s’agit là d’un rapport de manque de notre société.
De plus, le Japon a cela d’attrayant qu’il est une grande puissance commerciale, mais un nain politique : anti-américain tout en restant très consommateur, versatile en matière de politique intérieure, ce qui le ridiculise, presque apolitique, etc. Les jeunes sont rassurés de pouvoir s’identifier à un pays premier de la classe avec une politique faible. Enfin, le manga est une culture populaire. En France, dans les années 80, la culture populaire était la victime d’un gouvernement qui voulait la détruire. La jeunesse s’est donc réappropriée une culture, en allant la chercher hors de leurs frontières.

Clan Takeda : Merci Cyril de votre intervention et de nous accueillir sur votre salon. Dans ce vaste mouvement, une autre forme d’expression prend de l’ampleur, le fansub. De quoi s’agit-il exactement ?

Cédric LITTARDI : À la fin des années 90, lorsque le manga prend de l’ampleur en France, les gens qui s’intéressent au phénomène se heurtent à deux barrières. Premièrement, les japonais n’avaient jamais envisagé l’exportation de ce produit voire, ils n’étaient pas du tout prêts à ce que des étrangers s’y intéressent puis s’y attachent. La deuxième barrière est celle instituée par la culture française. Elitiste, elle considère le manga comme un sous-genre lu par des imbéciles ou incompréhensible parce qu’en japonais, pire, en noir et blanc. Les rebelles à cet establishment – Monsieur YAMADA en a parlé –, se sont fédérés puis se sont lancés dans la création, dans la mise en place de festivals comme Game In Paris ou bien dans l’édition.
Aujourd’hui, la nouvelle génération de passionnés – bien qu’encore soumise à des barrières culturelles, toujours présentes – réagit de la même manière : ils partagent leurs passions et cherchent à se fédérer autour d’activités telles que le cosplay par exemple. Un de ces phénomènes de fédération est le fansub.
Pour l’expliquer, il faut avant tout savoir que l’industrie japonaise des dessins animés est centrée sur le Japon : ce qui décide d’une diffusion reste l’industrie de ce pays. Un an, voire deux ans s’écoulent avant que le dessin animé ne soit finalement exporté. Le fansub fait donc partie de ces nouveaux phénomènes nés de la difficulté de décentrer l’industrie des dessins animés à un autre pays : puisque les français ont du mal à accéder aux nouveaux produits de l’animation, ils passent par le net. Désormais, certains téléchargent - de manière parfaitement illégale – des animés ou dessins animés, puis mettent leurs compétences en commun afin de traduire, sous-titrer puis diffuser ce qu’on appelle en définitive fansub. Née de cette motivation qu’est l’échange, cette activité pose d’énormes problèmes pour les éditeurs japonais mais également au niveau des éditeurs professionnels qui n’hésitent pas à intervenir et interdire la diffusion des fansub, produits pirates de leur propre marché. Au final, les pirates posent un véritable dilemme : il est en effet difficile d’interdire à un passionné de faire ce qui lui plait. Et en même temps, il semble que ces mêmes passionnés n’assument pas leur statut, préférant rester dans l’anonymat. Même lorsqu’ils tentent d’entrer en contact avec un éditeur, et c’est mon cas, ils ne se donnent même pas la peine de se présenter, signant d’un pseudo, ce qui démontre une forme de mauvaise conscience. La passion légitime qu’ils partagent n’est pas canalisable et c’est tout le problème du fansub aujourd’hui.







Clan TAKEDA : Nous avons soulevé la question du droit des auteurs, mais peut-être convient-il de préciser d’abord quelles sont les particularités du monde de l’édition et de la presse en France et au Japon ?

Cédric LITTARDI : L’une des particularités des Japonais est qu’ils aiment avoir le contrôle total sur tout ce qu’ils font.
La notion de liberté de la presse n’est pas du tout la même en France ou au Japon : là-bas, la plupart des articles papiers ou numériques doivent être approuvées par les auteurs originaux. Animeland par exemple, ne veut pas qu’on publie quoi que ce soit sans leur approbation. Alors qu’en France, une « critique » a toute légitimité depuis 1947, qu’elle soit positive ou négative. La liberté de la presse française est politique, la liberté de la presse japonaise s’arrête au merchandising.

Clan TAKEDA : Nous évoqué le fansub, mais d’autres mots sont entré dans le vocabulaire d’une génération entière : Cosplay, otaku etc. Sauriez-vous définir ces notions, et ce qu’elles recouvrent au Japon comme en France ?

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : Otaku est un mot nouveau qui désigne une personne très passionnée, que ce soit en manga, dans le cosplay… Il a évolué depuis une très forte connotation péjorative vers une notion plus proche de l’expertise, même amateur. Ces personnes sont fières et vivent leur passion. Cependant, contrairement à l’idée reçue, elles sont tout sauf isolées, faisant grand cas des communautés qui les entourent, et étant sans cesse à la recherche d’autres personnes qui partagent la même passion.

Fabien TILLON : Il ne faut pas confondre l’otaku et l’hikikomori…

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : En effet. Le terme « hikikomori » désigne toutes les personnes qui ne sortent plus de leur solitude, qui se mettent volontairement en marge de la société. Tandis que le mot « otaku » renvoie aux fans, aux passionnés qui se regroupent pour vivre ensemble leur passion.

Keiko HANANO : À ma connaissance, le concept d’« otaku » commence à changer au Japon. Par exemple, être un « otaku de go » ou un « otaku de kendo » n’est plus péjoratif, aujourd’hui. Le mot a pris un nouveau sens, plus valorisant et plus proche du mot occidental « fan ».

Fabien TILLON : Le terme d’ « otaku » a suscité beaucoup d’angoisse au début. En effet, le public a fait l’amalgame entre certaines histoires tristement célèbres et les hobbies ou pratiques en rapport avec ces histoires.
Par exemple, rappelez-vous de l’histoire de la secte Aum dont les membres (responsables de l’explosion de bombes au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1994-95) étaient des lecteurs de manga et des spectateurs d’animés forcenés. En particulier, les leaders de la secte s’inspiraient du vocabulaire et des concepts du dessin animé Cuirassé Yamato** pour organiser leur « contre-offensive ». Le niveau de confusion entre réalité et fantasme était à son comble…

Pierre de SAINT-PHALLE : Cela dit, il ne faut pas mélanger les causes et les conséquences. Chaque fan recherche quelque chose dans le manga. Les manga violents, qui prônent des valeurs guerrières, plaisent aux adolescents, c’est un fait avéré et qui tire son explication de la psychologie et du besoin d’imaginaire. Mais la violence des manga n’est pas la responsable directe de comportements violents dans la réalité. Le contexte psychologique et l’histoire personnelle antérieure sont des facteurs influents qu’il ne faut pas sous-estimer.

Lionel PANAFIT : Notez aussi que le mot « otaku » est arrivé en France par l’intermédiaire d’un reportage réalisé par Envoyé Spécial. Dans le milieu des années 90, l’émission proposait à certains grands réalisateurs de produire un reportage sur un pays étranger. Jean-Jacques BEINEX a ainsi réalisé un film sur le Japon, en dramatisant le phénomène « otaku » et annonçant comme un danger l’introduction de la culture japonaise en France. Il n’est pourtant resté que deux semaines sur place, alors qu’Envoyé Spécial présentait un documentaire réalisé sur un an. Le mot a donc été introduit par l’intermédiaire d’un reportage malhonnête… Bref, globalement, toute société a envie de se faire peur. De plus, n’oublions pas que nous sommes faces à un phénomène de culture populaire, et le propre de la culture populaire est d’être dénigrée d’une manière ou d’une autre.

Clan TAKEDA : A propos du Cosplay, accueillons deux cosplayeuses, Anne-Cécile et Claire, alias Ichigo et Kirae. Bienvenue mesdemoiselles. Votre costume nécessite quelques explications, expliquez-nous.

Anne-Cécile : Nous sommes des cosplayeuses et aujourd’hui nous représentons des personnages issus d’un jeu coréen appelé Gramato Espada.
Fabien TILLON : Quelle est l’ambiance de ce jeu ? Pirate, science-fiction ?
Claire : Plutôt ambiance pirate
Clan TAKEDA : Les costumes sont superbes. Vous les avez réalisés vous-mêmes ?
Anne-Cécile : Oui complètement.
Fabien TILLON : Faire un tel costume coûte cher ?
Anne-Cécile : Les frais peuvent s’élever jusqu’à 600 euros. On économise pour relever ce véritable défi. C’est d’ailleurs ce qui nous amuse.
Clan TAKEDA : A la ville, qui êtes-vous alors ? Des personnes complètement différentes ?
Claire : Je suis chimiste.
Anne-Cécile : Je suis traductrice.
Claire : Tout le challenge, c’est de passer de l’image à la réalité. Il faut étudier le patron, rechercher les bons tissus pour obtenir de bons rendus…
Fabien TILLON : Vous passez combien de temps à la confection ?
Claire : Celui que je porte m’a pris deux mois et demi.
Fabien TILLON : Vous faites ça seules ou toutes ensemble ?
Claire : On s’aide mutuellement de temps en temps.
Clan TAKEDA : Etes vous des habituées des conventions ?
Anne-Cécile : Non, on ne va pas à toutes les conventions.
Claire : On les sélectionne, le temps de faire de beaux costumes. Et puis, nous sommes entre amis, nous sommes un petit groupe de copines qui ont les mêmes goûts, ce qui nous permet de faire des costumes assez proches et de faire les conventions ensemble.
Fabien TILLON : Combien de costumes avez-vous ?
Claire : J’approche de la vingtaine.
Anne-Cécile : Je n’en ai qu’une quinzaine, je suis plus lente…
Fabien TILLON : Etes-vous véritablement fans de manga ? En lisez-vous beaucoup ?
Claire : Je lis plutôt dans l’optique de l’activité créatrice. Je ne connais pas forcément le personnage mais je m’imprègne de son univers visuel pour le défi.
Anne-Cécile : Je ne regarde pas de dessins animés, je ne lis presque pas de manga, sauf ceux que je traduis.
Claire : On se renseigne sur ce qu’on interprète, certes, mais nous faisons surtout des chorégraphies décalées et drôles, qui n’ont pas forcément un lien avec l’animé. Tout ça pour ne pas ennuyer les spectateurs.
Fabien TILLON : Avez-vous déjà été à Tokyo ou à Séoul pour participer à de grands cosplays ?
Anne-Cécile : J’ai déjà participé au World Cosplay Summit.


Keiko HANANO : A Tokyo, le cosplay est représenté par deux quartiers très connus : Harajuku et Akebahara où l’on peut acheter n’importe quel costume. A Harajuku, les jeunes dansent et chantent en costume. Est-ce que vous dansez aussi avec ce costume?

Claire : Avec ceux-là, non. Mais, il nous arrive de devoir réaliser une petite saynète. En fait, tout dépend du personnage que l’on représente ainsi que de l’intérêt du public pour ce personnage. Ici, nous essayons juste de captiver le public par une mise en scène décalée et drôle.

Fabien TILLON : Et que pensez-vous des émissions de télévision comme celle qui est passée sur M6 (NDLR : l’émission Zone Interdite, qui s’est montrée très critique, voire méprisante) il y a quelques semaines ?

Claire : Ils n’ont pas choisi les bonnes personnes pour représenter les cosplayers. Peut-être que ces derniers représentaient une partie d’entre nous. Cependant, nous ne sommes pas tous comme ils nous représentent.
Anne-Cécile : C’est pourtant une activité comme une autre…

Clan TAKEDA : Merci à vous d’être venues et encore bravo. On peut avoir l’impression que le Japon et la France vivent dans une sorte d’idéalisation réciproque. Pourtant elle est sans doute fondée sur une vision biaisée, des clichés. Qu’est-ce qui explique cette fascination ?







Fabien TILLON : quand on regarde un manga comme Sommelier (l’histoire d’un sommelier japonais qui vit en France) dont le personnage connaît mieux que les français les vins, on remarque que ce que le japonais idéalise est la France du début du XXe siècle.

Clan TAKEDA : Et de manière générale, pas seulement pour les manga ?

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : J’ajouterais qu’historiquement parlant, l’amour entre la France et le Japon est plutôt un amour à sens unique.
D’abord, les premiers échanges entre France et Japon remontent à 1858 (fin de l’époque Edo), avec le premier traité Franco-japonais. A cette époque, pour le Japon, avide de modernisme, la France est un modèle. Le gouvernement nippon envoie alors beaucoup d’étudiants et chercheurs dans la capitale. Désireux d’apprendre de cette société, à leurs yeux modèle artistique et littéraire, leur amour et leur admiration ne sont cependant pas partagés.
Certes, en France, l’impressionnisme s’est beaucoup inspiré des estampes japonaises – Van Gogh possédait beaucoup d’estampes et le musée Guimet présentait une grande collection d’œuvres japonaises. Mais le nombre d’intéressés restait vraiment faible. L’attrait pour la culture japonaise demeurait élitiste.
Après la guerre, au Japon, l’intérêt pour les arts contemporains français s’est élargi au cinéma, à la cuisine et à la mode. De nouveau, la France se présentait comme un idéal. Tandis qu’en France, l’intérêt des gens pour le Japon n’était plus comparable à la curiosité d’avant-guerre, curiosité liée à l’exotisme oriental. Ils commençaient à comprendre et à accepter les arts traditionnels mais ne s’intéressaient pas encore à la culture contemporaine. A partir des années soixante, l’exportation de produits numériques nippons a fait sortir le pays de son anonymat, lui donnant une image moderne de façon spectaculaire et un poids économique indéniable. Cependant, pour beaucoup de français le Japon est synonyme de No, de Kabuki. L’image véhiculée auprès des français était donc partielle.

Fabien TILLON : L’Occident a toujours eu un narcissisme et un ostracisme occidentalo-centriste énorme. Un critique d’art conservateur du XIXe siècle, nommé Jules Champfleuri parlait déjà de « japoniaiseries ». En 1990, un journal comme Télérama a utilisé le même terme, au sujet du manga.

Un auditeur : Justement, ne trouvez-vous pas que cette tendance à l’idéalisation du Japon, à travers les manga, est dangereuse ? Quand je vois les réactions de certains français de mon entourage qui sont déçus de voir des tokyoïtes habillés normalement ou d’assister à des concerts dans lesquels les japonais ne sont pas vêtus comme leur groupe de prédilection, je me dis qu’il y a un problème. Il est donc dangereux de cultiver cette idéalisation, car c’est un monde falsifié que les gens se représentent.

Fabien TILLON : C’est une mythologie. Quand les américains ont débarqués en France en 1944, ils ont été considérés comme des demi-dieux, apportant le chewing-gum, le coca-cola, etc. Quand les français sont allés découvrir les américains du fin fond du Texas, qu’ils se sont frottés aux « red-necks », ils ont été très étonnés… On a toujours besoin de se créer une mythologie.

Pierre de SAINT-PHALLE : Le problème inverse est également retrouvé : quand les entrepreneurs japonais arrivent en France avec leurs femmes, ces dernières, d’abord ravies de vivre à Paris, la « ville lumière », déchantent très vite, déçues par ce qu’elles découvrent, un monde bien différent du fantasme qu’elles en avaient. C’est ainsi que les consultations spécialisées auprès de psychologues se multiplient, le fameux « syndrome de Paris ».

Keiko HANANO : J’appartiens à une génération qui a appris l’histoire de la France à travers un manga. Souvenez-vous de « La Rose de Versailles » [Lady Oscar, NDLR] : je croyais que les françaises étaient habillées comme dans le manga, qu’elles étaient toutes lesbiennes… Déjà à mon époque, l’influence du manga était énorme.

Clan TAKEDA : C’est de l’idéalisme réciproque parfois très naïf…

Keiko HANANO : Aujourd’hui, ma fille, comme moi à l’époque, est plongée dans les bandes dessinées de sa génération et me conseille de les lire pour comprendre la psychologie de la jeunesse actuelle… D’ailleurs le pourcentage de filles qui aiment les manga est de plus en plus important. C’est aussi grâce à elles que le manga a évolué dans le bon sens en diversifiant les sujets.

Cédric LITTARDI : En Allemagne, un pays qui a découvert très récemment le manga, le public est composé à soixante pour cent de filles. Le manga récent a beaucoup plus conquis les filles que les manga précédents.

Pierre de SAINT-PHALLE : Cette idéalisation est elle vraiment néfaste ? Car les erreurs sont aussi sources de fascination, de découverte, et même de poésie.

Fabien TILLON : Je dirais que la fascination pour le manga en Europe, et cette absence d’analyse est due à une totale absence de critique de la part des médiateurs et des journalistes. Ils auraient du tenir un discours critique ou informatif autour du phénomène. Aujourd’hui encore, la télévision considère toujours le manga comme une activité de débile : nous sommes à l’an zéro de l’explication culturelle du manga au-delà de l’effet de plaisir.

Clan TAKEDA : Nous allons maintenant recevoir Jérôme COGNET, président de l’association « Tengumi ». Jérôme, vous vous êtes rendus dernièrement au Japon. Votre voyage a du être l’occasion, je le suppose, de mettre au placard beaucoup d’idées reçues.

Jérôme COGNET : Cela fait cinq ans que je suis dans le monde de l’animation et du manga et j’ai créé « Tengumi » pour vivre cette passion. Malgré ma connaissance du pays, j’avais une vision idéalisée du Japon en partant. Arrivé sur place, j’ai eu un choc culturel. Il faut le vivre pour le comprendre. Par exemple, à l’aéroport, si tout est écrit en anglais, le touriste se trouve ensuite plongé dans un monde de kanjis. Tout est vraiment incroyable, dépaysant. Pendant deux semaines, j’ai découvert les hôtels japonais avec leurs trois tatamis, leurs salles de bains à l’extérieur de la chambre, leurs métros, leur toilette révolutionnaire, leur cuisine faite seulement de sushi et de soupe, etc.
Souvent, les français se moquent des touristes nippons, caméra ou appareil photo à la main, prenant des clichés de tout et n’importe quoi. Il en va de même pour nous, chez eux : nous sommes aussi fascinés par tout.

Lionel PANAFIT : Paradoxalement, j’ai vécu l’inverse de vous. Ayant voyagé enfant avec mes parents, je me suis senti plus à l’aise au Japon qu’en Belgique, par exemple. Le Japon est un pays où l’on vit très bien. Certes, le niveau de vie est très élevé.
Je ne vois cependant pas trop la différence culturelle entre le Japon et la France. Si l’on analyse le manga, on remarque qu’il n’est pas très différent de notre littérature du XIXe siècle. A l’époque en France, on écrivait vite, on était très axé sur le quotidien… Quand on voit que 32 illustrés de Fantomas sont sortis en 32 mois, on se dit que la différence n’est pas si grande.

Clan TAKEDA : Le prix du billet pour aller au Japon est-il si exorbitant ?

Jérome COGNET : non, et le coût de la vie est du même niveau, voire moindre qu’en France.

Pierre de SAINT-PHALLE : Le Japon est une île, certains produits sont donc très chers car ils viennent de très loin. Mais cela ne concerne que certains biens très particuliers. Par exemple, le pamplemousse peut atteindre 100 euros ! Cependant, on peut avoir un très bon repas, dans un restaurant, pour seulement cinq euros.

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : Il y a des clichés, c’est sûr. Tout le monde prétend que voyager au Japon coûte cher. Mais c’est le cas si vous restez dans un hôtel de luxe ! Si l’on veut vivre à l’occidental dans ce pays, ce sera toujours cher, parce que les menus et habitudes ne sont pas conformes à ceux des japonais. Mais si l’on vit à la japonaise, ça coûtera moins cher : après tout, les japonais vivent au Japon ! Je vous donne des exemples, issues de sources sérieuses, l’office du tourisme : au Japon, le hamburger Mac Donald coûte 80 yens, soit 55 centimes d’euros. Un plat japonais typique coûtera 350 yens, soit 2 euros 38. Y’a-t-il des équivalents à Paris ? Peu. Un repas dans un restaurant convivial coûtera 2000 yens soit 13 euros. L’hôtel peut aussi être économique, à raison de 6500 yens la chambre, soit 44 euros, ce qui est très raisonnable. Vous pouvez obtenir davantage de renseignements à l’office du Tourisme japonais, « Yokoso Japan ».
On peut également trouver des vols, en cherchant un peu, à 450 euros aller et retour. Il faut profiter du cours actuel, élevé, de l’euro par rapport au yen, le moment est donc très bien choisi pour voyager.

Pierre de SAINT-PHALLE : par contre, le transport sur place est très cher. Une anecdote également, pénétrer dans une boîte de nuit au Japon, pour un français, est souvent à tarif très réduit, voire même gratuit !

Keiko HANANO : Le coût de la vie, de manière générale, est assez raisonnable. Déjeuner très correctement pour cinq euros est assez courant.







Cédric LITTARDI : Oui, et j’ajouterai que si l’on considère souvent les trois grands pays de la gastronomie comme étant la France, l’Italie et la Chine, on méconnaît totalement la diversité et la qualité de la cuisine japonaise. Cette méconnaissance tient peut-être à la timidité naturelle des japonais.

Keiko HANANO : En parlant de cuisine japonaise, ici comme là-bas, la cuisine est élevée au rang de véritable art de vivre, fondée sur les saisons, le terroir. Vous savez, les japonais ne mangent pas que des sushi. Et si les pièces montées sont l’emblème même du mariage à la française, la dorade grillée est le plat principal de l’union japonaise.
Au Japon comme en France, il existe des spécialités régionales. Si l’on va à Ise, par exemple, il faut découvrir des plats locaux, déguster la langoustine cuisinée à la Japonaise. Même la choucroute existe au Japon, sous une forme différente. Cette différence se situe surtout dans le respect, notion essentielle de la civilisation nippone, que l’on retrouve dans la cuisine, notamment le respect aux ancêtres. Ainsi le mochi, un pâté de riz gluant, n’est pas consommé immédiatement après sa confection. Réalisé pour le 1er janvier, il est associé à un mochi plus petit superposé au premier. Le mochi sera ensuite déposé dans un petit autel, en faisant le vœu de santé de la famille et pour soi-même. Il faudra attendre onze jours avant de l’écraser à la main ou au maillet puis de le consommer.
En France, les plats confectionnés sont mangés immédiatement ou sinon, fait pour se consommer petit à petit.

Je vais également vous parler du sushi. Il est le symbole de la cuisine japonaise. Sa consommation est différente en France et au japon. Il existe des sushis de toutes formes (canapés, rouleaux, en forme de navire…).
Pourtant, le sushi n’était pas du tout ainsi au début. Il a d’abord été composé de poisson de rivière entouré de riz très salé pour la conservation. C’était le funasushi. On ôtait ensuite la partie supérieure de la boule de riz, avant de le consommer. Puis il a été transformé, changé. On a fait ensuite des sushis pressés consommés avec le riz. Sa forme actuelle est composée de poisson de mer non assaisonné, et de riz vinaigré. Cette transformation est apparue à la fin de l’ère Edo (XVIIe), époque de développement où les gens étaient pressés, n’avaient plus le temps et devaient manger vite. La forme roulée permettait de les consommer dans la rue, debout. Le sushi est donc la première restauration rapide de l’histoire ! De même, le wasabi, la fameuse moutarde verte nippone, était initialement un remède contre l’intoxication alimentaire. A ce titre, je rappelle que le traiteur Ayame, Place de la Madeleine, est le seul à avoir obtenu la certification Iso, pas d’inquiétude donc du côté des intoxications…
Les français consomment beaucoup de gingembre mariné, et semblent aimer varier les sauces, ce qui n’est pas notre cuisine traditionnelle. Il faut la découvrir et s’y initier.

Questions du public

Osamu Tezuka s’est inspiré de Walt Disney pour créer son esthétisme. Comment se fait-il que les grands yeux et cette espèce de « culte du mignon » soient critiqués dans le dessin animé japonais alors qu’ils existent aussi chez Walt Disney ?

Fabien TILLON : Les grands yeux sont surtout ceux de « Bambi » chez Disney. La banalisation de cette pratique reste spécifiquement manga. Le manga est en fait victime de l’ostracisme occidental, qui règne encore parfois. L’occident s’est focalisé sur cet « Autre », en mettant en relief les différences. Et l’autre est plus difficile à accepter que celui qui nous ressemble.

Cédric LITTARDI : J’ajoute que le magazine « Animeland » a consacré un excellent hors série aux grandes idées reçues qui entourent l’animation japonaise. Vous y trouverez des réponses.

Quand on ne parle pas japonais et qu’à Tokyo les gens ne parlent pas anglais, comment communiquer ?

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : Essayer d’apprendre d’abord le japonais.

Keiko HANANO : Pour répondre à cette question, je vais revenir sur une remarque de Jérome COGNET, étonné de l’absence d’écrits japonais à l’aéroport. C’est assez révélateur : en France, on accepte très facilement la culture différente. On est ouverts. Au Japon, on ne peut pas en dire autant. Pour la langue anglaise, c’est rare que les japonais sachent la parler. Et c’est dommage. Je souhaite que la culture manga serve aux japonais à s’ouvrir davantage sur le monde en saisissant cette opportunité.

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : Il est vrai également que trop peu de japonais parlent l’anglais, les langues occidentales étant structurées de manière très différente. A l’écrit, avec sa multitude de kanji et caractères, le japonais est difficile à apprendre, mais beaucoup plus accessible à l’oral. Si vous connaissez quelques expressions de base en japonais, vous montrerez votre ouverture, et les japonais, timides de nature, prendront alors l’initiative pour s’occuper bien de vous.

Pierre de SAINT-PHALLE : La capacité d’écoute et d’attention au Japon est étonnante. Ils sont vraiment très serviables, prenant même les devants s’ils vous sentent un peu perdus. Avec quelques expressions, vous pouvez établir le contact.

Les écoliers japonais apprennent-ils d’autres langues, comme le coréen, le chinois, ou d’autres ?

M. le Ministre YAMADA Fumihiko : La langue coréenne est très proche de la nôtre, aussi les japonais apprennent-ils facilement le coréen, et vice-versa. Le chinois est en revanche très différent. Nous avons certes les kanji en commun, mais les simplifications ont suivi des chemins différents selon les pays. Les structures grammaticales accusent aussi des différences sérieuses. Il ne faut pas non plus mélanger les langues proches comme le japonais et le coréen, comme je l’ai fait autrefois avec l’italien et l’espagnol. J’ai fini par abandonner les deux !

Clan TAKEDA : Nous allons hélas devoir conclure cette conférence. Merci à tous d’avoir répondu présents.

Remerciements à Kaze, Nouveau Monde éditions, Eurasiam, Game in Paris, Ayamé et Ajissaï. Cette conférence a été organisée avec l’aimable concours du Service Culturel de l’Ambassade du Japon en France.

Propos recueillis par Noah et JapangaSpike

* Bandes dessinées d’origine américaine
** Fleuron de la marine impériale durant la seconde guerre mondiale, le super cuirassé Yamato, qui fut coulé après n’avoir joué qu’un faible rôle, devint un symbole nationaliste encore présent aujourd’hui.




Article mis en ligne le 13/11/2006