Ikebukuro West Gate Park - Quête initiatique en eaux troubles
Très éloignée des clichés pour touristes, cette histoire somme toute banale pourrait n'être que banalement sordide, mélodramatique et, pour résumer, sans intérêt : un petit groupe de marginaux plus ou moins filous dans un quartier pas vraiment reluisant, un enchevêtrement de vies à vau-l'eau, des évènements comme on en lit tous les jours dans les faits divers des journaux, un petit caïd et sa cour dans un Tôkyô de troisième zone.
Seulement voilà : c'est merveilleusement vivant, brossé à grands traits sans fioritures inutiles, rapide, enlevé, incisif : quatre parties ciselées au scalpel dont chacune pourrait faire l'objet d'une nouvelle se suffisant à elle-même avec, cependant, un fil conducteur : Makoto, sorte de chevalier des temps modernes, Makoto, " laissé-pour-compte " comme tant d'autres par la société, à priori voué à une petite vie minable et sans envergure, mais qui apprend à se servir de son cerveau et de son intelligence sans jamais jouer les victimes revanchardes et haineuses, Makoto qui prend conscience qu'il y a toujours quelque chose à faire pour améliorer une situation, déjouer une manoeuvre, démasquer une embrouille, convaincre plutôt que cogner, et qui se donne les moyens -pas toujours très orthodoxes (!)- de ses espoirs et de son ambition, Makoto, déterminé, lucide, qui n'appartient à aucun clan mais se fait respecter de tous et qui va mettre son optimisme et l'énergie de ses 19 ans au service de la paix, de la justice et de l'honneur.
Polar particulier dont les intrigues sont surtout là comme support à l'évolution du jeune héros, canevas sur lequel se tissent des amitiés insolites, des rencontres inattendues, des équipées périlleuses et, aussi, l'amour. Le tout sur fond de monde glauque, violent, avec ses lois (pas si éloignées des " nôtres " quant au fond la mise en oeuvre étant quelquefois discutable) et pourtant plein d'humour, de tendresse, de pudeur avec, ça et là, une touche de naïveté, un souffle de fraîcheur.
Un roman qui sonne juste, vous laisse les oreilles pleines du chuintement d'une Odissey noire et de la Sérénade pour Cordes de Tchaïkowsky, les yeux emplis de rouge et de bleu, le nez à la recherche des brochettes de melon, l'appétit aiguisé et le cœur battant et qui nous livre ce bijou :
" On est tous faibles Alors il arrive qu'on mente. On a tous peur. Alors il arrive qu'on prenne les armes. On est tous bêtes. Alors il arrive qu'on se blesse les uns les autres. Mais on peut pardonner. N'importe quel mensonge. On peut pardonner. "
Voyageuse
Ikebukuro West Gate Park
Ira Ishida
Editions Picquier
Polar particulier dont les intrigues sont surtout là comme support à l'évolution du jeune héros, canevas sur lequel se tissent des amitiés insolites, des rencontres inattendues, des équipées périlleuses et, aussi, l'amour. Le tout sur fond de monde glauque, violent, avec ses lois (pas si éloignées des " nôtres " quant au fond la mise en oeuvre étant quelquefois discutable) et pourtant plein d'humour, de tendresse, de pudeur avec, ça et là, une touche de naïveté, un souffle de fraîcheur.
Un roman qui sonne juste, vous laisse les oreilles pleines du chuintement d'une Odissey noire et de la Sérénade pour Cordes de Tchaïkowsky, les yeux emplis de rouge et de bleu, le nez à la recherche des brochettes de melon, l'appétit aiguisé et le cœur battant et qui nous livre ce bijou :
" On est tous faibles Alors il arrive qu'on mente. On a tous peur. Alors il arrive qu'on prenne les armes. On est tous bêtes. Alors il arrive qu'on se blesse les uns les autres. Mais on peut pardonner. N'importe quel mensonge. On peut pardonner. "
Voyageuse
Ikebukuro West Gate Park
Ira Ishida
Editions Picquier