La chronique des Heike - Mise en abîme

Récit d'une vie riche en émotions, la chronique des Heike relate les faits et gestes de Heita Kiyomori, jeune guerrier du clan Heike, que Eiji Yoshikawa nous conte telle une romance avec une fidélité historique. Tout d'abord document officiel, puis roman public, la Chronique des Heike est le récit d'une grande aventure dans laquelle Kiyomori est à la fois acteur et victime. D'origine noble, ce jeune homme est confronté à la dureté, la froideur et la lâcheté de la cour de Kyoto, capitale du Japon en ces temps et doit s'armer de courage face aux nombreuses épreuves qui l'attendent sur la voie de la gloire. Ce roman, difficile à résumer tant il est dense, créé un décor tragique, presque théâtral, où se mêlent guerre et passions, honneur et lâcheté.


La dame de Gion — résumé de l'histoire

La chronique des Heike raconte la vie d'un jeune homme de dix-huit ans, Heita Kiyomori, vivant dans un foyer avec un père effacé, nostalgique et dominé par une femme expansive et capricieuse, ex-courtisane de l'empereur, qui ne cesse de regretter les temps passés. Portant le fardeau de ses origines, il apprend de son ami puis d'un de ses serviteurs, qu'il n'avait apparemment pas été conçu par son père officiel, Tadamori, mais par un vieux prêtre…

Au départ de sa mère, Tadamori et son fils sont appelés par l'ex empereur retiré, Toba, pour assurer sa garde. Un tournant se joue alors dans la vie de Kiyomori, dans Kyoto, ville étrange où se mêlent quartiers populaires et haute bourgeoisie…


Eaux troubles dans les vieux marécages — critique du livre

La chronique des Heike illustre à la perfection la vie quotidienne du Japon, les tourments de la bourgeoisie et du petit peuple, les disparités sociales, les guerres et amours de la cour. Dans un contexte politique tendu, les inégalités dans les classes sociales se creusent… vient alors le moment des révoltes, la peur du lendemain, la lutte pour la survie. De l'autre côté du gouffre, la bourgeoisie se laisse aller aux intrigues de cour et aux rumeurs les plus grotesques, car la séparation entre les dirigeants des régions et les régions elles-mêmes empêchait ceux-ci d'exercer convenablement leurs fonctions, créant une sorte de bulle d'où émergent tous les excès et toutes les dérives : gouvernement composé de guerriers craignant les combats et de responsables déléguant leurs fonctions pour devenir de simples privilégiés . Ce qui, de plus, ne tarde pas à attiser la jalousie du petit peuple, tel un rameau de fleurs de cerisiers coupé de sa branche.
Un autre aspect développé par cet ouvrage, lié aux événements cités plus haut, est celui de la complexité, de la froideur et de la brutalité des relations entre gens de la cour de Kyoto, qui utilisent le moindre prétexte pour laisser libre cours à leur colère et leur ennui sur un quelconque seigneur infortuné. Ainsi naît un climat de haine extrême où tous les moyens sont bons pour gagner du pouvoir et mieux asseoir ses positions dans le but de préparer une guerre que tous les seigneurs et gens de la cour savent imminente.

Dans une « agitation immobile » où tous les bourgeois sont acteurs, victimes et coupables, le climat d'extrême tension pèse sur l'archipel nippon, tel un sabre prêt à s'abattre sur le Japon à la moindre discordance. Un très grand classique de la littérature japonaise.

Japonforever

Paru aux éditions Albin Michel.










Commentaires

#1 phoenlx-aiolia

Bonjour les takeda !

Etant actuellement avide d'en savoir plus sur la guerre des Genpei ( merci au récent livre de Julien Peltier qui m'a titillé d'ailleurs ^^ ) , et par ailleurs ayant été charmé par la lecture du célèbre Musashi ( la pierre et le sabre et la parfaite lumière ) de Yoshikawa , le Shin Heike Monogatari est un roman que j'ai fortement envie de lire. Mais j'ai une question , pardonnez-moi si elle est saugrenue mais je la pose quand même avant de me lancer dans plusieurs centaines voire milliers de page , c'est pas une mince affaire et je préfère y aller prudemment ^^ ---> Pensez-vous qu'il est préférable de lire d'abord le dit des Heike "classique" (si j'ai bien compris la différence, j'entend par là la fameuse épopée ancienne qui a elle-même inspiré le récit de Yoshikawa) ou peut-on se lancer directement dans ce livre que vous présentez ? ( sachant que ma culture historique sur cette période se réduit à peu de choses peut-être vaut-il mieux commencer par les fondamentaux ? )

#2 Linda

Salut aiola !

Je pense, pour avoir commencé à lire le Genji Monogatari traduit par René Sieffert, que le roman de Yoshikawa sera un pouillème (unité bien connue de mesure approximative) plus facile à lire.

Qui plus est, si tu as déjà lu le cycle de Musashi, cet ouvrage ne devrait pas présenter de difficulté particulière en terme de nombre de pages, non ?

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