Le Sabre du Mal (Daibosatsu Toge) - Noir de sang
Japon, 1860, dans la montagne, le "passage du Grand Bouddha", est connu par les pèlerins, qui viennent de tous les coins du pays afin d'y méditer et s'y recueillir. Un homme âgé prie à voix haute et souhaite que la mort le frappe rapidement, pour ne plus être un "fardeau" pour sa petite-fille. Tout d'un coup, il ressent une présence derrière lui, se retourne et voit un homme qui reste figé. Puis l'homme s'approche et dégaine son sabre, le vieillard prend peur et essaie de prendre la fuite, hélas trop tard, le katana tranche et frappe sa cible.

Le mythe
En 1966, le cinéaste Kihachi Okamoto s'attaque à l'adaptation de la célèbre trilogie, "le passage du Grand Bouddha". Il fait appel au scénariste de "Harakiri" et des "Sept samouraïs", Shinobu Hashimoto, et donne le premier rôle au charismatique Tatsuya Nakadai qui se glisse à merveille dans le rôle de Ryunosuke Tsukue. Une sorte d'homme qui ne fait pas la différence entre le bien et le mal.
Nakadai est extraordinaire dans sa composition, incarnant un être démoniaque, glacial, avec un calme digne des grands maîtres de la méditation, incarnant la métaphore d'un lac qui ne bouge pas mais se transforme en tempête au moment opportun. Un regard si noir, si vide, démuni de toute compassion, pitié, sans aucune moralité, parvenant à atteindre ses buts les plus obscurs.
Le duel
Face à ce personnage si sombre, il fallait un adversaire à la hauteur, et c'est un acteur fabuleux, l'inoubliable Toshiro Mifune, qui interprète le rôle de Toranosuke Shimada. Un grand maître de sabre avec une sagesse acérée. Les aphorismes de Hashimoto tranchent dans le vif, lorsque Shimada les emploie et touchent même le dément Ryunosuke en pleine âme. D'autres personnages viendront compléter ce récit qui ressemble étrangement aux "Misérables", le roman de Victor Hugo.
En ce qui concerne les combats, le cinéaste n'a pas hésité à nous offrir du pur chambara avec près de trente minutes d'affrontements ! Les scènes sont extraordinaires, et les protagonistes, Shimada qui combat lorsqu'il n'a plus le choix et Ryunosuke qui adore défier la mort à chaque instant, rivalisent de dextérité et de savoir-faire.

Le final, vraiment démoniaque, se révèle de plus complètement immoral ! Le déchaînement de Ryunosuke exprimant la pure folie est impressionnant à tout point de vue et la séquence est mémorable. Okamoto dépeint sa version dans une perspective plus dramatique, plus dévastatrice et joue davantage sur le côté sombre de Ryunosuke. Il exploite la psychologie du personnage et sème un doute constant. « Le Sabre du Mal » est en conséquence un chef d'oeuvre aux dimensions psychologiques exploitant les tréfonds de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus énigmatique.
Takeshi
Réalisation : Kihachi Okamoto
Scénario : Shinobu Hashimoto
Musique : Masaru Sato
Interprètes :
Tatsuya Nakadai - Ryunosuke Tsukue
Toshiro Mifune - Toranosuke Shimada
Yuzo Kayama - Hyoma Utsuki
Yoko Naito - Omatsu
Tadao Nakamaru - Isamu Kondo
Ichiro Nakaya - Bunnojo Utsuki
Yasuzo Ogawa -Yohachi
DVD film en N/B - Version japonaise - sous-titrée français.
Commentaires
#1 lulusuper film on a le sentiment de toucher au chef d'oeuvre! je voudrais savoir si , comme la fin le laisse présager, si il ya une suite! je suis un peu rester sur la mienne après la fureur du héros on peut s'attendre a quelque chose d'autre mais non...
#2 Uesugi
Pas de suite, les producteurs ont décidé de couper, bien que le film a gagné en popularité en occident quelques années plus tard.
En fait ce film se voulait être une trilogie, et plus particulièrement un remake de la trilogie Satan's Sword avec Raizo Ichigawa, qui en retour était un remake d'autres films des années '30-'40... le tout adapté d'un roman. Si tu veux connaître la suite, l'histoire ce continue dans ces films, mais ultimement la trilogie Satan's Sword finit quand même en queux de poisson et l'auteur n'a jamais finit le livre non plus. Pas de conclusion donc. Comme Sword of Doom est nettement supérieur vu les acteurs et l'adaptation artistique bien plus ambitieuse, tu ne manque pas grand-chose, enfin c'est mon opinion. En fait, la fin de Doom est bien plus poignante selon moi, si tu la considère comme une fin et non un cliffhanger...