Gonza le lancier (Yari no Gonza) - Drame dans une tasse de thé
La chanson fredonnée par un groupe d'enfants au début du film pourrait presque résumer l'histoire: Gonza le lancier (Hiromi Go) est un dandy coureur de kimonos (parce que les jupons..) qui fait chavirer le coeur de ces demoiselles (et de leurs mamans).
A l'époque Tokugawa, sans combats pour se distinguer, les samourais saisissent la moindre occasion de se mettre en valeur. Il s'agit en l'occurrence de la cérémonie du thé célébrée en l'honneur de la naissance tant attendue de l'héritier mâle du clan. Gonza se retrouve en compétition avec Bannojo (Shoei Hino), le frère d'Oyuki (Misako Tanaka) qu'il a promis d'épouser. Tous deux convoitent les documents décrivant cet exercice complexe, détenus par Osai (Shima Iwashita, actrice fétiche du réalisateur) dont le mari Fumiemon (Naoto Takenaka), appelé à la capitale, est absent depuis de longs mois...

Adapté d'une oeuvre du "Shakespeare" japonais, Monzaemon Chikamatsu (1653-1725) destinée au théâtre bunraku, il s'agit d'un mélodrame larmoyant dans la grande tradition nipponne récompensé d'un ours d'argent au festival de Berlin en 1986. On pleure, on crie, on se désespère, en attendant la mort du couple "fautif". N'attendez aucun combat excepté un entraînement à la lance, un duel dont on ne voit que le résultat et l'affrontement final, biaisé dès le départ. Ce n'est guère surprenant, après tout, Masahiro Shinoda étant plus connu pour ses préoccupations esthétiques que scénaristiques bien qu'il ait déjà signé des oeuvres plus orientées vers le ken-geki comme "Ansatsu" (1964), "Ibun sarutobi sasuke" (1965) ou le récent "Fukuro no shiro" (1999).

Les acteurs sont plutôt bons mais leurs rôles manquent d'épaisseur. La véritable star, c'est le décor ou plutôt l'époque. C'est sans doute l'aspect le plus intéressant du film; Shinoda parvient à reproduire l'ambiance de l'époque en effaçant ses personnages derrière les apparences. Les intérieurs sont très soignés, en revanche, quelques extérieurs, et notamment la scène du ferry, laissent à désirer. Les manifestations de violence en sont d'autant plus abruptes comme cette tête soigneusement présentée par Shinbei (Choichiro Kawarazaki) que le jeune fils de Fumiemon découvre en rentrant chez lui. Outre quelques pincées d'humour, on remarquera également la scène de proclamation de l'adultère à travers la ville. Au final, si vous aimez le thé de qualité supérieure, préférez un "Sen no rikyu" (1989) de Kei Kumai.
Dazo
Réalisation : Masahiro Shinoda
Oeuvre originale: Monzaemon Chikamatsu
Scénario : Taeko Tomioka
Musique : Toru Takemitsu
Interprètes :
Hiromi Go - Gonza Sasano "le lancier"
Naoto Takenaka - Fumiemon
Shima Iwashita - Osai (épouse de Fumiemon)
Choichiro Kawarazaki - Shinbei
Misako Tanaka - Oyuki
Shoei Hino - Bannojo (frère d'Oyuki)
Haruko Kato - gouvernante d'Oyuki
Hideji Otaki - Iwaki
Kuniko Miyake - épouse d'Iwaki
DVD film en couleur
Version japonaise - sous-titrée anglais

Adapté d'une oeuvre du "Shakespeare" japonais, Monzaemon Chikamatsu (1653-1725) destinée au théâtre bunraku, il s'agit d'un mélodrame larmoyant dans la grande tradition nipponne récompensé d'un ours d'argent au festival de Berlin en 1986. On pleure, on crie, on se désespère, en attendant la mort du couple "fautif". N'attendez aucun combat excepté un entraînement à la lance, un duel dont on ne voit que le résultat et l'affrontement final, biaisé dès le départ. Ce n'est guère surprenant, après tout, Masahiro Shinoda étant plus connu pour ses préoccupations esthétiques que scénaristiques bien qu'il ait déjà signé des oeuvres plus orientées vers le ken-geki comme "Ansatsu" (1964), "Ibun sarutobi sasuke" (1965) ou le récent "Fukuro no shiro" (1999).

Les acteurs sont plutôt bons mais leurs rôles manquent d'épaisseur. La véritable star, c'est le décor ou plutôt l'époque. C'est sans doute l'aspect le plus intéressant du film; Shinoda parvient à reproduire l'ambiance de l'époque en effaçant ses personnages derrière les apparences. Les intérieurs sont très soignés, en revanche, quelques extérieurs, et notamment la scène du ferry, laissent à désirer. Les manifestations de violence en sont d'autant plus abruptes comme cette tête soigneusement présentée par Shinbei (Choichiro Kawarazaki) que le jeune fils de Fumiemon découvre en rentrant chez lui. Outre quelques pincées d'humour, on remarquera également la scène de proclamation de l'adultère à travers la ville. Au final, si vous aimez le thé de qualité supérieure, préférez un "Sen no rikyu" (1989) de Kei Kumai.
Dazo
Réalisation : Masahiro Shinoda
Oeuvre originale: Monzaemon Chikamatsu
Scénario : Taeko Tomioka
Musique : Toru Takemitsu
Interprètes :
Hiromi Go - Gonza Sasano "le lancier"
Naoto Takenaka - Fumiemon
Shima Iwashita - Osai (épouse de Fumiemon)
Choichiro Kawarazaki - Shinbei
Misako Tanaka - Oyuki
Shoei Hino - Bannojo (frère d'Oyuki)
Haruko Kato - gouvernante d'Oyuki
Hideji Otaki - Iwaki
Kuniko Miyake - épouse d'Iwaki
DVD film en couleur
Version japonaise - sous-titrée anglais