Jules Brunet - Le véritable dernier samouraï

Jules Brunet est né le 2 janvier 1838 à Belfort. Il fit partie de la mission militaire française envoyée au Japon par Napoléon III au dernier shogun Tokugawa, Toshinobu, en tant qu'instructeur d'artillerie. Sa tâche était de mener à bien la modernisation des armées nippones, au moment de la restauration Meiji. Après la défaite du Shogun, il se joint à la rébellion contre le gouvernement impérial, à l'instar du personnage fictif incarné par Tom Cruise, Nathan Algreen, dans le film d'Edward Zwick « Le dernier samouraï » dont le réalisateur s'est inspiré pour écrire son scénario.



Le Dernier Samouraï a bel et bien existé. C'était un instructeur d'artillerie français du nom de Jules Brunet. Un polytechnicien qui, à sa sortie de l'école, décide de servir dans l'artillerie. Il est envoyé au Mexique où il fait ses preuves. À ce titre, Brunet recevra la prestigieuse Légion d'honneur. En 1867, il est nommé capitaine et part pour le Japon, participant à la première mission militaire française mandatée pour moderniser l'armée du shogun. Cette mission, sollicitée par Yoshinobu Tokugawa, a pour mission de faire des troupes du shogun, qui comprennent alors sept régiments d'infanterie, un bataillon de cavalerie et quatre bataillons d'artillerie, soit 10 000 hommes, une force moderne. Cependant, un conflit oppose les troupes shogunales aux armées du jeune l'empereur Meiji, ce dernier ayant décidé de recouvrer sa place sur la scène politique japonaise. Tandis qu'il reçoit le soutien des Américains et des Anglais, les Français prennent le parti du shogun. Malheureusement, après la défaite qu'il essuie durant la guerre de boshin en 1868 face aux troupes impériales, le shogun Tokugawa est contraint de restituer le pouvoir à l'empereur Meiji.

Un accord de neutralité est signé par les puissances occidentales que la France ratifie. La mission militaire française est forcée de quitter le Japon par un décret impérial. Cependant Jules brunet, accompagné par une poignée de ses officiers, refuse d'abandonner l'armée qu'il a formée et envoie une lettre à l'empereur napoléon III. Brunet entend rester au Japon pour y défendre les intérêts de la France. De ce fait, il choisit la voie de la désertion. Il organise la résistance de l'armée des "bakugun", les derniers samouraïs fidèles au shogun dirigés par Taekeki Enamoto, l'ancien Amiral de la flotte shogunale. Toutefois, la montée en puissance des armées impériales force les dissidents à s'enfuir à Hakodate sur l'île d'Hokkaido, depuis laquelle ils parviennent, grâce au plan français à s'emparer de la forteresse de Goryokaku.

La République éphémère

Enomoto décide alors de fonder la République d'Ezo, fondée sur le modèle américain. Il en devient président. Cette république éphémère durera six mois. L'armée de la République d'Ezo passe sous le commandement d'Otori Keisuke et de Jules Brunet en tant que commandant en second. Elle est divisée en quatre unités chacune menée par un officier Français. L'épopée prend fin le 30 juin 1869. 8 000 soldats de l'infanterie impériale débarquent sur l'île d'Hokkaido face au 800 soldats de l'armée Enamoto, immédiatement submergés. Le capitaine Brunet est contraint de fuir avant même la reddition avec ses officiers sur un bateau français ancré dans la rade d'Hakodate. Son épopée nippone touche à sa fin. De retour en France, il est condamné par la cour martiale. Cependant, le contexte politique national, qui a évolué, et les tensions naissantes entre la France et la Prusse font qu'il est très vite libéré pour prendre part au combat. Il sera fait prisonnier à Metz puis relâché pour ensuite participer à la répression de la révolte des communards à paris en 1871. Il atteindra le grade de général de division, grâce à l'appui du ministre de la guerre de l'époque, Chanoine, lui-même général qui avait la charge de… La mission militaire envoyée au japon. Le général Brunet meurt le 12 août 1911.

Très peu connu en France, Jules Brunet l'est davantage des Japonais. Ils le connaissent, ils savent qu'il y a eu des Français à Hakodate et que la France a soutenu le dernier shogun, comme l'explique Christian Polak, un hommes d'affaires et érudit, installé à Tokyo depuis 30 ans, qui a retrouvé la trace de Brunet au Japon et sa famille en France. Le rôle campé par Tom Cruise sous les traits d'un mercenaire Yankee est un hommage à ce grand capitaine français qui a servi avec honneur ceux et ce à quoi il croyait.

Ngazidja93










Commentaires

#1 pihto

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