Le Qiguo Xiang Qi - Chaînon manquant des échecs chinois

Le Qiguo Xiang Qi marque l'une des étapes les plus cruciales dans le développement de la véritable galaxie de variantes gravitant autour du Xianq Qi*. Né en Chine au XIe siècle, il se pratique avec 4 à 7 joueurs. Le niveau du jeu est élevé, et la durée moyenne d'une partie se situe entre 1 à 2 heures.


Le Qiguo Xiang Qi a été inventé par Guang Si-Ma (1019-1086), un célèbre historien et haut chancelier de la dynastie Song. Le ministre quitta la cour afin de manifester son désaccord à l'égard des réformes entreprises par l'empereur. Une anecdote rapporte que lorsque Guang Si-Ma était jeune, il sauva un enfant tombé dans une citerne, qui était en train de se noyer. Cela en fit une histoire à raconter aux plus jeunes. Bien qu'il passe pour l'inventeur du Qiguo Xiang Qi, il semble qu'en réalité, Guang Si-Ma ait simplement retranscrit les règles d'un jeu déjà existant. Selon la rumeur, l'érudit Pei Ziqi de Yizhenq avait déjà fait graver les règles de ce jeu sur des blocs de bois pour les transmettre. Ces règles furent ensuite imprimées le jour de la fête des lanternes, durant le second jour de l'ère Kaixi, sous le règne de l'empereur Zhao Kuo de la dynastie Song, soit le 24 février 1206.

La catapulte, qui est le prédécesseur du canon, fait du Qiguo Xiang Qi un jalon important dans l'histoire du Xiang Qi. C'est également le premier jeu d'échecs asiatique doté de règles complètes. Par ailleurs, les mouvements du fou et de la reine seront repris quatre siècles plus tard, sur les jeux d'échecs européens !


© Wikimedia

Cette variante du Xiang Qi peut compter jusqu'à 7 joueurs. Chacun d'entre eux incarne un état durant la dynastie Zhou (403-221 avant J-C), une époque plus connue sous le nom de période dite des « royaumes combattants ». On notera qu'historiquement, c'est l'état de Qin qui gagne la guerre, donnant ainsi son nom à l'empire de Chine.

Les couleurs sont:


Chaque joueur joue une armée qui comporte 17 pions. S'il y a moins de 7 joueurs, les armées sont pré-définies :


Un joueur qui perd son général ou plus de 10 pions est éliminé de la partie. Les pièces restantes sont retirées de la partie. Tout mauvais coup ne peut être rejoué, sauf si le joueur concerné prend une pénalité à déterminer. Un joueur prend également une pénalité s'il joue un coup illégal.



Si un joueur attaque l'un de ses alliés, alors toute l'armée de ce dernier est détruite immédiatement. Enfin, une pénalité peut être fixée à chaque fois qu'un joueur est en échec.
À la fin du jeu, quand il ne reste qu'un seul joueur, celui qui a capturé le plus de pions remporte la partie. Il doit boire, puis les perdants font de même. Si un joueur a capturé au moins deux généraux ou 30 pions, il est déclaré dictateur ou tyran et la partie s'arrête. Dans ce cas, les autres joueurs lui doivent obéissance et boivent un coup en plus !

Rubedo

* Lire l'article consacré à ce jeu

Sources et approfondissements (en anglais) sur
boardgamegeek
chessvariants
history.chess


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